mardi 8 novembre 2011

Contemplation du buisson ardent: énergie pour la libération


Moïse est un homme au  background atypique pour un destin hors du commun: condamné à mort par la société  dès avant sa naissance à cause de ses origines (certains n'ont pas de pot! ), reçu dans une famille d'accueil, pas de sa culture mais plus qu'aisée, la famille du pharaon, rien que çà, il va mal tourner. Il tuera un mec, certes salaud, mais quand même;  criminel, il sera obligé de fuir, vivra au service d'un prêtre à l'étranger jusqu'au jour où...

J'apprécie beaucoup les vies de ces ancêtres qui ont créé notre culture, dont les symboles, même inconsciemment, font notre patrimoine  et qui n'ont pas mené  des vies très droites! pas des vies très morales! Lui, ce mec sur lequel on ne parierai pas, peu recommandable, sera choisi par la Vie pour porter les messages de la Vie. Son envoi en mission débutera par une drôle d'expérience, une initiation très particulière. Pour la raconter je reprends le texte de la bible,  2d livre, l'exode chapitre 3 et je le reprends tel quel, en le commantant un peu  avant de livrer ma lecture décalée. 


" Moïse faisait paître le troupeau..... il faisait un travail "normal"...
L'ange de l'Éternel (le messager de la Vie: autour de nous, à chaque moment toujours des messages, encore faut il les voir)  l'ange de l'Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d'un buisson. Moïse regarda (il a pris du temps, regarder suppose du temps consacré); et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. 

 Moïse dit: Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. (faire la démarche d'aller voir, se détourner, sortir de sa routine) L'Éternel vit qu'il se détournait pour voir; et Dieu l'appela du milieu du buisson, et dit: Moïse! Moïse! Et il répondit: Me voici! (dans ces détours que nous amorçons dans nos vies, est l'irruption d'un appel personnalisé, d'une vie hors troupeau! )
Dieu dit: N'approche pas d'ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. 


Certes un buisson qui brûle sans se consumer indique la toute puissance de Dieu.... et ....au delà...

pour un homme/homme qui pendant des heures a médité contemplant le sexe de sa  compagne, il a également  la révélation d'un buisson ardent rouge, feu d'Amour qui pourtant ne se consume jamais. Il faut aussi, dans cette démarche du baimer (mot que j'ai créé unissant baiser et aimer) contempler, prendre le temps de se laisser ravir par  ce buisson qui ne se consume pas mais qui foudroie de sa violence. Le sexe féminin est  l'origine du monde. Courbet, qui a peint ce sexe féminin, cette origine du monde a du contempler, longuement,  pour témoigner de la vie et la force de ce sexe... rien à voir avec la photo clic clac de nos instantanés numériques pornos.


Origine du monde:  Endroit où l'on se déchausse, endroit saint où macho goujat et ignorant, il faut être et curieux et ouvert  et attentif et appelé à s'approcher:   Interdit de se précipiter, l'on enlève ses  chaussures, ses gros sabots. Homme tant que pendant plusieurs heures tu n'as pas contemplé l'ouverture du temple représenté par le buisson ardent de ta compagne, tu n'es pas prêt à baimer et à t'exploser,  car ce qui va se passer pour la suite pour Moïse, chacun d'entre nous, est fulgurant:
  1. il va être appelé à libérer son peuple des égyptiens, ce qui en fait est être appelé à nous libérer chacun soi-même de tous les esclavages et formatages symbolisés par les égyptiens
  2. alors qu'il se percevait pâtre, inexistant, sans génie, l'assurance va lui être donné, l'assurance d'une mission à accomplir et la force pour l'accomplir
  3. la découverte de la définiton de la Vie (de Dieu) "je suis celui que je serai"  ce qui est également notre défintion à chacun de nous : je suis maintenant celui que je construits
Ainsi dans la culture et la pratique du trantrisme dans sa dimension sexuelle, ce rituel très lent (entre 1 heure et 1 heure 30) de méditation préalable, de prière d'introduction et d'attente de l'invitation de l'autre à approcher, ouvre au contact incandescent qui réalisera l'envol. Interdit de fondre sur l'autre,  pieu en avant. Il faut attendre que  son sexe mâle aussi brille d'incandescence.`

Alors la Vie est. 

Ci dessous pour ceux qui le souhaitent j'ai remis l'ensemble du texte de l'Exode:
" Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb.
L'ange de l'Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d'un buisson. Moïse regarda; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. 
 Moïse dit: Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point.
L'Éternel vit qu'il se détournait pour voir; et Dieu l'appela du milieu du buisson, et dit: Moïse! Moïse! Et il répondit: Me voici!
Dieu dit: N'approche pas d'ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. 
6 Et il ajouta: Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu.
7 L'Éternel dit: J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs.
8 Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays où coulent le lait et le miel, dans les lieux qu'habitent les Cananéens, les Héthiens, les Amoréens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens.
9 Voici, les cris d'Israël sont venus jusqu'à moi, et j'ai vu l'oppression que leur font souffrir les Égyptiens.
10 Maintenant, va, je t'enverrai auprès de Pharaon, et tu feras sortir d'Égypte mon peuple, les enfants d'Israël.
11 Moïse dit à Dieu: Qui suis-je, pour aller vers Pharaon, et pour faire sortir d'Égypte les enfants d'Israël?
12 Dieu dit: Je serai avec toi; et ceci sera pour toi le signe que c'est moi qui t'envoie: quand tu auras fait sortir d'Égypte le peuple, vous servirez Dieu sur cette montagne.
13 Moïse dit à Dieu: J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m'envoie vers vous. Mais, s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je?
14 Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle 'je suis'm'a envoyé vers vous.
15 Dieu dit encore à Moïse: Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël: L'Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération.
16 Va, rassemble les anciens d'Israël, et dis-leur: L'Éternel, le Dieu de vos pères, m'est apparu, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Il a dit: Je vous ai vus, et j'ai vu ce qu'on vous fait en Égypte,
17 et j'ai dit: Je vous ferai monter de l'Égypte, où vous souffrez, dans le pays des Cananéens, des Héthiens, des Amoréens, des Phéréziens, des Héviens et des Jébusiens, dans un pays où coulent le lait et le miel.
18 Ils écouteront ta voix; et tu iras, toi et les anciens d'Israël, auprès du roi d'Égypte.....

vendredi 4 novembre 2011

Pourquoi nos églises catholiques sont elles vides ?

« mes hommages, Ma Dame » « Mes Hommages, Mon Dieu. » 

« mes hommages, madame » : ce « grand bourgeois, catholique pratiquant » nous saluait de cette façon en arrivant dans sa demeure, avec le baise main approprié : codes, signes de savoir vivre.
Ce soir là et le lendemain matin avec cet hôte nous aurons un échange. Effectivement sa question de catholique pratiquant, qui ce jour de 1er novembre a été à la messe, constatant que ce n’était plus qu’une assemblée de séniors, essentiellement de femmes, nous orientait vers cette interrogation: pourquoi l’église catholique, du moins en occident, n’est plus porteuse?  pourquoi la France n’est-elle plus la fille ainée de l’Eglise ? J’ai réfléchi sérieusement à cette question pertinente et prometteuse pour un échange. Non, en fait il n’y aura pas d’échange, je croyais qu’il pouvait y avoir un échange, mais il y avait affirmation de sa suffisance, cette suffisance de personnes très bien, plus que bien, s’affichant en tout cas comme très biens, assurés dans leur morale, fidélité conjugale, réussites, la leur et celle de leur fille et petite fille, pensez donc elle avait un double doctorat et … Il en parlera très longuement de cette « réussite ». Dieu avait récompensé leur morale en leur accordant richesse, prospérité et sagesse: « les paroles dégoulinaient de leur bouche. » (image que j'apprécie et qui vient de la bouche de Job, cet autre riche que la vie étrillera!)
Il ne s'agit pas de s'opposer à la réussite ou à la richesse ou à la reconnaissance, j’ai réussi dans ma vie, à condition que cela ne ferme pas et que je reste ouvert à toutes les questions  et toujours à l’Ecoute et en progrès et en recherche.
Ainsi, sur l'évolution de notre église,  je pensais apporter ma perspective, cette perspective du « pas moral » que je suis, de ce déraciné, de ce chercheur de Dieu depuis 60 ans. J’espérais que ma réponse, peut être dérangeante, serait entendu. NON et j’en aurai la confirmation quand je lui apporterai une réponse à sa question… il n’écoutera pas… pourquoi «écouterait-il d’abord puisqu’il a tout : l’âge la réussite, un couple stable et sur le traversin, dans leur chambre, leurs pyjamas et chemises de nuit soigneusement pliés et repassés dans leurs housses, des Dior bien sûr, rite qui leur confirme la bénédiction de Dieu.
 Une élégance fine, je l’ai apprise dans ma vie à condition que cette élégance reflète une élégance de l’âme, de cette légèreté et de toujours du questionnement face à la vie, et non pas cette mort de l’assurance que Jésus traitera de « tombeaux blanchis à la chaux »
Ce soir là donc et le lendemain, puisqu’il connaissait mon « back ground » de jésuite, il m’interrogera, en boucle, sur « pourquoi les personnes ne vont plus à l’église catholique?  ». En fait je ne comprendrais pas que le fait d’être un jésuite « défroqué » m’avait déjà disqualifié, sans compter mes extractions modestes d’alsacien : sa famille, ses ancêtres lorrains de la partie allemande avaient, eux, décidé de quitter la Prusse pour choisir la France ! choisir la France, dans ce cas on n’a pas de problème d’identité quand ses arrières grands parents ont choisi la France ! (sic) Mes parents n’avaient pas eux fait ce choix! Mais je n’ai pas non plus de problème d’identité, je suis citoyen de notre village le Monde. En fait je ne comprendrais que le matin qu’il ne m’interrogeait pas pour entendre une réponse mais pour simplement mettre en défaut ceux qu’il interroge, mettre le doigt sur leur insuffisance pour se sentir valorisé. « Se dresser en abaissant ». Il se ventera d’ailleurs d’avoir ce même comportement dans toutes les instances auxquelles il participe dont le Rotary… parce que bien sûr à ce niveau on fait parti du Rotary, et du Rotary des élites (sic) celui de Paris Centre qui compte plus de 250 membres et où l’on reçoit tout le gratin du rotary et du monde.
Au Rotary, il y a comme partout dans ces clubs, comme chez les francs maçons dont j’ai fait aussi parti, des personnes qui s’engagent et agissent. 

Ce contact, en tout cas comme toujours, cadeau et provocation de la Vie, nouera en moi diverses pensées éparses:
  1. Mon travail sur Monsieur Job, histoire symbolique de ce « bon fidèle » de Dieu qui se fera bousculer par la Vie, tout lui sera « arraché » ; il ne comprendra plus rien et sera enfin conduit à se situer, vivant, à travers une révolte d’une violence extrême. Pour moi maintenant Job a un visage, le visage de ce bourgeois nanti et satisfait de lui-même avec même sur sa voiture la cocarde tricolore. 
  2. Des conversations avec des jeunes: ils ne peuvent plus dans une église s’agenouiiller et « vénérer » ce symbole chrétien d’un supplicié sur une croix, et cette communion où l’on mange le corps du Christ ! avec cette question du comportement des prêtres qui n’assument pas leur sexualité …. etc 
  3. Le soir même, cette révélation du fils de la famille « De Villiers ». A la télé, notre homme politique, de droite, défenseur des valeurs de la chrétienté et de l’Occident, catholique affiché, père d’une famille nombreuse, morale oblige, photo de famille tous souriant à la vie, entourant une femme, la mère,  apparemment fragile, silencieuse et souriante, tous « de l ‘aristocratie, l’élite » il est frappé de plein fouet par ce scandale de son fils benjamin qui accuse son frère d’inceste. Ce fils, surtout, pointe la non humanité de son milieu qui se veut l’élite et en est persuadé et dont la consigne est «tais-toi et pardonne». Combien de familles, soit disant bien, étouffent des comportements infâmes, mais « tais toi et puis d’ailleurs tu délires. » Ce père n’est pas un «homme» et sa mère semble une gamine, « bouquet de table ». 
  4. Enfin cette parabole de Jésus sur le pharisien et le publicain, parabole que j’actualise légèrement : aujourd’hui Jésus la raconterait peut-être cette façon:  
    • Deux hommes allèrent à l’église pour prier : Un bon catholique pratiquant et un « pas toujours très catholique »« dévoyé », perdu et en recherche dans la complexité de ce siècle et de la vie. Le bon catholique, debout, face à l’autel, au milieu, priait ainsi en lui-même : « Oh, mon Dieu, mes hommages, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce mec agenouillé là à l’entrée. Je vais à la messe tous les dimanches et je verse mon denier du culte. Et pour reprendre quasiment mot pour mot ce que me disait l’hôte. Merci mon Dieu. Ma réussite prouve ta magnanimité et la grandeur de notre occident. Le « mécréant », lui, restant au fond de l’église, à l’entrée, sur le côté, derrière une colonne, s’était mis à genoux… non pour s’humilier, mais il sentait inconsciemment que par ce geste symbolique traditionnel il enracinait son corps dans la réalité de la vie qui circule, il avait besoin de se rapprocher du sol, de s’encrer dans le sol, et il symbolisait sa recherche dans ce geste de respect voulu: « je me démène dans une vie difficile, et souvent je fais des erreurs, à la recherche d’un sens et d’un comportement pour ce monde et dans ce monde qui me fasse humain, je ne sais pas, je cherche,… je suis rentré ici dans cette église, non pas que j’y crois, car je n’arrive pas à «adorer» ce crucifix sur lequel je vois un pauvre bougre agoniser, je ne comprends plus le sens de tout cela et en plus l’église institution n’a aucun sens et ne présente qu’une caricature, avec ce pape et ces cardinaux en soutanes de soie, prétendant témoigner d’ un mec qui a prêché la pauvreté et la présence à la vie… et donc je rejette ce "cirque".  Mais ma démarche est une démarche de recherche pour que, un jour, dans mes cheminements et quêtes, je comprenne… je ne viens pas non plus quémender, car ma merde ou mes conneries, je me les avale et j’en suis responsable; je ne viens pas non plus te remercier, car ce que j’ai réussi je me le dois.. cette démarche, comme d’autres que je ferais, dans d’autres lieux pas très catholiques, et cela peut même être des lieux considérés comme de débauche, dans ma pérégrination, participe de ma recherche pour me créer humain et divin… toutefois, dans ces lieux, construits par des artistes et des mystiques, il y a sans doute des messages de vie que je pourrais décoder. Mais ce n’est pas l’église ni les curés qui m’aideront à les comprendre, depuis longtemps ils ont abandonné ce rôle de témoignage pour se draper dans une frime de richesse ostentatoire et de participation à des gueuletons entres bourgeois bien pensant. (quelques prêtres et religieux et religieuses sont encore témoins : je me demande simplement comment ils peuvent rester dans cette institution !) Jésus termine sa parabole par cette affirmation: celui ci descendra chez lui, plus juste, plus en accord avec la vie, l’autre non. Car quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé.  
Enfin,  pour conclure et répondre réellement à la question initiale du pourquoi de la désertification des églises: 
  • je trouve sain que les jeunes n’aillent plus dans les églises, car de nombreux « religieux » ne témoignent pas de cette vitalité de la Vie, au delà de la morale bien pensante; ils sont là pour donner bonne conscience, ils n’éveillent pas à la conscience qui est recherche permanente. En plus ils sont incapables d’ouvrir aux symboles de la vie. La religion catholique ne témoigne plus du « religieux » 
    • Enfin j’amènerai une réponse plus « mystique ». Si je crois en Dieu, (mais là dès que je parlerai de cela mon hôte partira vaquer à ses occupations, me plantant là) croire en Dieu ! quelle rigolade, il s’agit d’être entre soi, entre gens bien pensant ! donc si je crois en Dieu, en la Vie et moi j’y crois, je crois en son action dans ce monde, je crois que lui-même a décidé de vider les églises, car il ne veut pas être pris pour celui que présente cette église là. 
Je veux participer à l’oeuvre de Dieu/Vie, en n’ayant plus aucun respect pour cette église qui présente de Dieu une image fausse et dévoyée. Bravo les jeunes qui rejettent cette caricature de Dieu. Ceci dit je vais continuer à m’inspirer des rituels et des œuvres de foi que non des religieux mais des artistes mystiques ont créés : cela vaut la peine de faire l’effort de comprendre ces démarches de la vie et de l’Art.

dimanche 30 octobre 2011

"Un rejet sortira de notre souche" : une vision symbolique de notre engagement dans la vie; elle transforme le monde.

 « Un enfant les conduira » (texte de Isaïe chapitre 11) Citation affichée à la fin d’un film où 2 mères, l’adoptive et la biologique, se retrouvent et se « réconcilient » autour de leur fils et grâce à leur fils. Le film s’arrête là, aveuglement de notre société, au moment où le vrai chemin à inventer s’ouvre. En tout cas, j’ai voulu regarder de près ce texte de Isaïe:  j’ai médité dessus, au sens que je le laisse se répercuter en moi : que son message tape contre toutes mes limites pour les exploser. Car pour moi, l’enfant dont on parle n’est pas essentiellement l’enfant extérieur qui n’est qu’une image; cet enfant désigne l’enfant, le fils, l’homme/femme, l’humain dans toutes ses dimensions, au delà des « genres » ! que nous devons faire naitre et construire en nous… sinon aucune politique, si cette conversion n’est pas opérée, ne pourra faire évoluer le monde : ceux qui seront au pouvoir, malgré leurs bonnes intentions, « boufferont les cacahouètes » comme dit mon frère dans son langage imagé, ou "mangeront des petits fours" pour utiliser un vocabulaire plus châtié.  Ils se gaveront sous le couvert d’un discours social, soi disant humaniste. L’humanité suppose des personnes qui se sont construites à travers un combat quotidien. Le reste est de la littérature.
Vous aussi laissez vous ouvrir par ce texte au delà de tous vos formatages, lisez le et relisez le, racontez le comme ces contes significatifs que l’on raconte aux enfants, à l'enfant que nous sommes:
Un rejet sortira de notre souche, un drageon (nouvelle pousse qui naît de la racine d'un végétal, tout près de sa tige ou même de la portion souterraine de celle-ci, et qu'on peut détacher pour la replanter ailleurs) de ses racines, fructifiera. Le souffle de la VIE (je remplace le mot Adonaï Dieu qui souvent infère trop d’idées reçues par VIE) reposera sur lui, souffle de sagesse, de discernement, souffle de conseil, d’héroïsme, souffle de pénétration, de frémissement, de VIE. Il lui inspirera le frémissement de la VIE. Il ne jugera pas à vue d’œil ; il n’arguera pas selon la rumeur de ses oreilles. Il jugera avec justice les chétifs, il arguera avec droiture pour les humbles de la terre. Il frappera la terre au rameau de sa bouche, du souffle de ses lèvres il fera mourir le criminel. Et c’est la justice, ceinture de ses hanches, l’adhérence ceinture se ses lombes. Le loup résidera avec le mouton, le léopard s’accroupira avec le chevreau ; le veau, le lionceau, le buffle ensemble, un petit adolescent les conduira. La vache et l’ours pâtureront ensemble ; leurs petits s’accroupiront. Le lion, comme un bovin, mangera de la paille. Le téteur se délectera sur un trou de cobra, sur un antre de vipère ; sevré (sorti des jupes de ses parents) il les manipulera de ses mains. Ils ne nuiront pas sur tout le mont de mon Sanctuaire ; oui la terre sera pleine de pénétration de VIE, comme les eaux couvrent la mer.


2d niveau de méditation, pas très catholique! si vous êtes très formaté/ée, ne lisez pas la suite, vous êtes prévenus!  Ce second niveau rejoint ma quête (ou obsession pour ceux qui préfèrent me cataloguer et ainsi se dédouaner de toute recherche) sur le "sacrement du faire l'amour" ou le "sacré mariage". Ces démarches faisaient parties de notre culture, non transmises par l'institution église, car nous serions devenus "humains/divins". 
Ce rejet, ce drageon, ce fils, cet être humain que nous devons construire s'enracine réellement et symboliquement dans notre "faire l'amour", dans notre "BAIMER"  mot que j'ai inventé, contraction entre "bai-ser et ai-mer". L'un des chemins vers l'humain est effectivement cet acte religieux et mystique du "baimer".  

Pour achever cette méditation, quelques photos prises lors d'une de mes méditations en promenade dans les Vosges, derrière mon village natal.

La femme, accueil...

pour la fécondation par l'arbre de Vie

et cette rencontre 

faisant que 2 devient 3. 



dimanche 9 octobre 2011

Muter de «veuve à mère, de pute à vierge» à travers le mythe et rituel du « mariage sacré »

Cette "méditation" que je vous propose vise à nous faire progresser dans ce chemin de la réalisation de notre personne: chemin qui s’appuie sur les messages de la tradition, (l’autre chemin étant le chemin par les sciences de la Biologie et de la physique : à creuser pour un autre jour !) 
Avec ce texte, lié donc à la tradition et aux mythes, nous allons cheminer ensemble sur une crête : 
  • de mon côté vous apporter ce message sans le simplifier au point qu’il devienne «vulgaire vulgarisation» et donc faux 
  • du vôtre faire l’effort de vous approcher et accrocher. 
Mon exigence de rendre compréhensible sans trahir et votre démarche d’effort ouvriront de nouvelles perspectives dans notre vision de l’existence:  qui sait ! cette ouverture pourrait même vous «passionner». Allons y, grimpez sur la ligne de crête et accrochez vous !

Symboliquement, nous sommes souvent des «Veuves» et «Putes»: nous, hommes et femmes, n’avons pas encore été ensemencés/ées par la Vie Mâle. Nous, car je parle également pour moi, masculin par mon sexe, mais dans ma dimension féminine, je suis encore «veuve et pute». Il est urgent et vital que nous devenions «mères et vierges». ` Ainsi ces 2 symboles, de la veuve et de la pute nous mettent en contact avec des dimensions non accomplies de nos êtres, elles attendent d’être mutées en mère et vierge. Il ne s’agit pas là de réalités au premier degré, mais de réalités symboliques, d‘archétypes. 

  Pour approcher le concept de veuve, je propose de méditer la parabole du fils de la veuve dans l’Evangile de Luc 7, 11 et suivants : 
« Jésus approche de la porte de la ville et voici : ils emportent un mort, le fils unique de sa mère qui était veuve. …. Quand le Seigneur la voit il est pris aux entrailles pour elle. Il lui dit « ne pleure pas ! » Il s’approche et touche le brancard. Les porteurs s’arrêtent. Il dit : « jeune homme, je te dis : réveille toi ! ». Le mort se dresse sur son séant et commence à parler. Il le donne à sa mère. …
A remarquer les énergies que Jésus met en œuvre : l’énergie de l’émotion, la force de sa présence, la parole de sa clairvoyance… (en référence avec les chakras !). Aremarquer aussi les actions du fils qui "enfin" se réveille, se dresse, se dresser est capital, et enfin parle, dit ce que lui a à dire et non ce que les parents et la société veut entendre. 
A la fin, le fils est rendu à la mère. Son statut de veuve n’est plus. Elle est femme et mère. 
Ainsi sur le plan symbolique, la « veuve » qui dans toutes les cultures a toujours représenté une dimension de vie très particulière, est celle qui a perdu ou n’a plus ou n’a vraiment jamais eu la rencontre avec l’Homme: l’on peut avoir vécu très longtemps en couple et marié et amant et maitresse, et ne pas avoir l’explosion par la fécondation du mâle. De nombreuses veuves existent dans toutes les traditions et illustrent cet archétype. Et, veuve non plus mère par manque de  fécondation avec un mâle ( rien à voir avec bp de mecs «porteur de couilles» comme m’a dit un jour une amie,) leur fils meure, ou ne peut être créé. Notre fils intérieur, le symbole de nous dans sa dimension de vie assumée, celui que nous devons construire n’existe pas ou meurt. 

Prenons maintenant l’image symbole de la pute. Certes il y a des «putes sacrées» qui ont un rôle de révélation pour ce monde, mais les putes (hommes ou femmes) de notre monde et dans le monde actuel sont en fait soumis au machisme masculin et féminin le plus vulgaire et à l’argent ; elles n’ont rien de ces «initiatrices» à la vie… Attention, moi aussi homme, je suis une «pute», soumis à tous les esclavages,  rien à voir avec cette dimension d’ouverture que la vierge représente, non pas vierge sur le plan sexuel, mais vierge par sa liberté et totale implication dans la Vie, pas menée par la pulsion… conduisant la pulsion jusqu’au désir responsable. Etre Vierge inclut cette dimension pute et la dépasse : je suis loin et par ma pensée et par mes actes d’être prude ! bien au contraire ! ayant vécu de nombreuses dimensions de la sexualité, et le  tantrisme pendant 6 ans, la «virginité symbolique» permet de faire danser toutes les dimensions sensuelles de la vie. Je ne suis qu’au début, je m’échauffe! Là aussi dans toutes les cultures traditionnelles et dans tous les mythes il faut aller étudier et surtout vivre cette dimension de la «pute» qui doit se muter en vierge. La Vierge Marie, sur le plan symbolique, car pour moi il ne s’agit pas d’une virginité n’ayant pas eu de relation sexuelle, va vraiment là aussi donner naissance à un homme libre qui deviendra Jésus.

Ainsi pour créer notre vie sous le symbole du « fils  de la Vie » il nous faut nous muter de veuve à mère et de pute à vierge… Faute de quoi nous ne deviendrons jamais des «humains» et faute de quoi nos enfants «mourront».
Regardons autour de nous la génération de la jeunesse actuelle sans repères, complètement à la masse, en fait morts, faute du couple mère et vierge:  ils sont engendrés par des « veuves » dont l’homme a été éliminé, supprimé ou qui a démissionné ou par des « putes » dépendant de tous les esclavages de ce monde. Et moi aussi, homme, je suis cette veuve et cette pute, il ne s’agit pas là d’une question de sexe physique.

Il est urgent que nous devenions mères et vierges car nos fils de chair meurent et mourront tant que nous restons « veuves » et « putes ». Le déluge nous emportera. Il est écrit avant ce cataclysme, symbole de tous les cataclysmes : « Or quand les hommes eurent commencé à se multiplier sur la terre, que des filles leur naquirent » il n’y avait plus d’hommes qui naissaient. (comme aujourd’hui) J’ai toujours perçu cela comme central pour mes enfants, non pas d’accumuler des biens, des titres ou des connaissances mais d’exister comme homme, de me construire homme, mère et vierge.  C’est pour moi le sens ontologique de tous ces enfants qui meurent, dans des familles pourtant très bien : signes là non lus, appels non entendus. Les premiers nés sont emportés, faute d’hommes pères et de mères vierges.

Le rite et rituel de cette mutation se retrouve profondément inscrit dans le mariage sacré et encore plus profondément dans ce 8ème sacrement du faire l’amour, sacrement exclu par l’institution marâtre de nos églises moralistes, faute d’être réellement mystiques et inspirées. Cette rencontre homme/femme, Adam/Eve, enracinée dans l’érotisme de la Vie, et l’érotisme le plus chaud et ritualisé,  va vivifier nos êtres dans notre dimension féminine et masculine. Car je suis et homme et femme. Ce mariage sacré, ce rite du faire l’amour que nous célèbrerons nous engendrera mères du fils de la Vie. Ce fils va se développer en nous, il est au delà de la mort. Nous deviendrons également vierges et amantes, c’est à dire libres, sages folles, ouvertes à tous les souffles de l’Esprit au delà des répétitions martelées des coïts désespérément stériles et « frustrants » même s’ils sont recherches répétitives d’un au-delà.
Pour cet acte divin, tout un travail, je dis bien travail est à accomplir : il faut nous ficher, chacun d’entre nous, homme ou femme, dans notre féminité la plus complète, noire et lunaire. Il faut nous enfoncer chacun et chacune d’entre nous  dans notre masculinité la plus puissante, soleil. C’est un travail quotidien, à l’occasion il faudra que je revienne sur les exercices que cela suppose. Je dis bien entrainement et exercices : j’ai toujours été sidéré de constater que tout le monde trouve normal de suivre des cours et des entrainements pour devenir golfeur ou tennis man… mais pour le plus important de nos actes de vie, cela serait spontané et naturel: "voyons! je suis « français !" faire l'amour  il n’ y a qu’à! c'est "naturel! "bouffer et baiser est naturel, savourer un repas et faire l'amour doit s'apprendre" à moins que vous vouliez passer vos vies aux fast food culinaires et pornographiques!  l’on voit ou mène le "spontané"!
…. Ainsi chacun, par notre conjonction mystique et charnelle, à condition de s’y être préparé, nous restaurerons la plénitude de nos êtres : « homme et femme » nous avons été créés et « homme et femme » nous sommes. Or la plupart du temps nous demeurons bancals, n’ayant qu’une dimension. Cette plénitude nous sommes conviés à la construire.
Alors, chacun de nous, vivant, ayant fait naitre le fils de la Vie, étant mère, vierge/amante nous pourrons affronter la mort et toutes les mutations.  Nous créerons et ressusciterons la Vie autour de nous. Cela est l’enjeu, même politique : il s’agit que notre monde soit réellement mystique ou il va crever.

Folie à laquelle je m’attelle, car il ne s’agit plus d’une intuition vague à creuser, mais d’une certitude à réaliser. En plus il me faut témoigner de cette voie, il nous faut témoigner.

mardi 16 août 2011

Assomption ?

Tympan de l'un des 5 portails de la Cathédrale de Bourges: il illustre la mort de Marie, mère de Jésus qui monte directement au paradis. (cliquez sur cette photo pour l'agrandir) 


Quel peut être l’un des messages symboliques de cette fête : l'Assomption de la "Vierge Marie" ?   Elle commémore le passage au "ciel",  directement, sans passer par l’étape "tombeau". Folie? Idiotie? Conte d'enfant?  (pas plus que  les réincarnations, dont est "issu" ! le Dalaï Lama tant apprécié dans notre société!)

Je vous livre ma lecture symbolique de cette commémoration. Accrochez vous !

Souvent l’on dit que « la vie prépare à la mort »… ou disons cela autrement, la qualité de notre mort dépendra de la qualité de notre vie. La qualité de ce « passage », autre naissance vers ?...  est fortement liée à la qualité de la personne que nous avons bâtie. (Cela j’ai pu le ressentir en accompagnant des mourants lors de ce passage.)
Sur les tympans de nos cathédrales, nous retrouvons régulièrement les 3 formes de passage par la mort, dans notre culture : 
  • la  Résurrection du Christ, 
  • l’Assomption de la Vierge Marie, 
  • le Jugement Dernier.  (cf photos à la fin de ce message)


(3 formes très bien illustrées sur les 3 portes de la collégiale de Mantes la jolie, malheureusement complètement défigurée lors de la révolution.)
La forme ou qualité du passage dépend donc du degré d’humanité que nous avons construit dans notre vie.
Notre personne est appelée à se développer dans ses deux dimensions: "humain/mâle/ciel" qui « ensemence » la terre,  et "humain/femme/terre" qui fait naître le « fils », notre fils intérieur, notre Personne. Nous sommes ontologiquement/essentiellement mâle et femelle,  Homme et Femme.  
Cette dimension « homme/femme, femme/homme s’acquiert par le combat avec nos « limites, envies, besoins, désirs…. pour utiliser un langage moderne » ou satan/démon pour utiliser une terminologie symbolique. Un point clef  central de notre vie est l'affrontement, le combat avec nos démons. Ceux que nous appelons nos démons, nous en avons fait des ennemis, alors nous nous épuisons, ne développons pas nos qualités humaines, les dilapidons;  or il s'agit de faire de nos  démons, des «sparring partner» qui, comme dans la boxe, ont l’objectif de développer nos qualités en s'opposant à nous. C'est ainsi que je perçois cette sculpture sur le tympan de la cathédrale de Bourges. Admirable ! Quelle sera l’issue de ce combat : bouffé par le démon, ou transformé par ce combat assumé ?

Finalement, conforté ou laminé par ce combat nous serons face à ce passage de la mort :la qualité de cet affrontement, avec nos limites à transformer en énergie,  nous fait humain; ou alors ce démon ennemi et non allié nous a  tué, nous devenons "fantôme" (actuellement des séries télévisées très prisées jouent sur cette dimension). 


Nous retrouvons nos 3 formes de passage par la mort: 
  1. La résurrection du Christ symbolise le passage par la mort dans notre dimension « mâle », par l’engagement conscient, au risque de sa vie, sans transiger avec ses valeurs (cf message sur la semaine sainte, en avril.)  
  2. l'Assomption de la Vierge  symbolise le passage par la mort dans notre dimension féminine de création du « fils de la Vie »  que nous avons tous à créer.   La prière à la Vierge si traditionnelle le dit bien : « je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est bénie. » Je lis cette prière: "salut dimension féminine en moi, pleine de grâce, la Vie est avec moi, et je suis béni, dans ma dimension "femme". Le fils de la VIE que j’ai développé en moi est béni.
Et d’ailleurs cette prière se termine sur une préparation à la mort : "Sainte Marie, mère de la Vie, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen."

Ainsi symboliquement, sans nécessairement en saisir la forme que cela prendra 3 modes d’approche de la mort sont pointés : pour une résurrection, pour un passage direct à l’éternité ou alors: 


3. 3 ème forme pour un jour de jugement, jugement dernier après un temps d’attente et passage par le tombeau pour la résurrection à la fin des temps.  Dans la mesure où je n’ai pas accompli mon humanisation je suis appelé à la continuer, au delà…  c’est là où s’origine réellement le sens des « fantômes » (dans d'autres cultures : réincarnations, âmes des ancêtres non encore entrés au paradis, ou aussi ce que l’on appelle le purgatoire, temps d'attente et de maturation) 

tympan du "jugement dernier" à Bourges.

je trouve particulièrement fort le symbole de ces démons avec des sexes, estomacs de nos émotions transformés en têtes:  lorsque les dimensions de nos vies deviennent "adorées/personnifiées"!

entrée au "paradis" symbolisée par Abraham qui reçoit nos "âmes"...



Mon choix personnel est clair: je suis profondément engagé, depuis maintenant plus de 50 ans, à bâtir mon humanité... je veux vivre ce moment de passage par la mort, le plus consciemment possible... passage incontournable et seul évènement sûr de nos vies, pourtant paniquement fui dans notre société ! 

lundi 1 août 2011

Technique de Méditation: Contemplation avec les Sens.

Méditer... plusieurs pratiques sont possibles. En voici une simple: "contempler avec les sens"; Chaque moment est provocation à l'émerveillement, stimulation de tous nos sens.

Avant de méditer, 
  1. Se fixer le temps que l'on destine à cette pratique... (de 10 minutes à ...1 heure.) et se tenir à ce temps, quoiqu'il arrive!
  2. Décider de l'endroit, de l'espace dans lequel situer ce moment d'ouverture à la Vie.
  3. Se mobiliser par une prière "préalable". Celle que je formule est : que toute mon intelligence, imaginaire, sagesse, volonté, et mon corps se mobilise au service de ce moment.... que je sois ouvert à Ce Qui arrive. 

Illustration avec cette contemplation illustrée de  30 minutes réalisée hier: 
  • ce regard qui dans un paysage discerne couleurs, formes, mouvements, lumière, perspectives...
  • j'ai ouvert mes oreilles aux roucoulades des pigeons, pépiements des autres oiseaux, bruissement du vent dans les feuilles, froissement de l'herbe ou des graviers sous mes pieds....
  • je sentais ce vent qui simultanément éveille ma peau par ses caresses, apporte cette odeur  et saveur de terre/herbe du soir.
  • je sentais mon corps, bouger, marcher, se reposer en accord avec cette plongée dans la Beauté... je respirais dans cette splendeur


Que l'énergie de la Vie me pénètre. 





J'étais ouvert et plus affiné pour tous les autres plaisirs, tous, de la Vie.


Cette forme de méditation peut certes s'appliquer à une présence à la nature, mais également à une contemplation d'une peinture, à une écoute d'une musique, et peut s'appliquer à un texte dont on visualise, écoute, touche, sent la scène

jeudi 21 juillet 2011

La Vie nous "en-bous-cule"... pour vivre en "face à face".

J’ai souvent eu le sentiment, c’est également mon expérience, que je vivais ma vie comme « marchant à reculons », attaché à du passé, à des préceptes enseignés et avalés sans discernement, à des réflexes/habitudes, tout cela codé tellement profond que cela m’apparaissait comme vérité. Je me suis parfois révolté contre ces conditionnements, ma révolte même me nouait encore plus à ces formatages. La vie pourtant me tirait vers d’autres expériences, d’autres façons de voir. C’est exigeant et déstabilisant de se convertir, surtout d’assumer les choix en accord avec sa vision, de marcher, seul. De marcher en marche avant, en faisant face.
Ainsi ce qui me frappe, c’est que nous ne comprenons rien à la Vie ou aux règles fondamentales/essentielles, ontologiques qui la régissent, aveuglés par toutes les morales instillées par notre « éducation », qui nous jette dans des possessions, des consommations, des frimes, nous coupant de la Vie. Nous marchons en aveugle. Heureusement, la Vie ne lâche pas, ne nous lâche pas, elle nous surprend toujours, nous secoue, parfois à travers des épreuves dures : il faut malheureusement qu’elle nous «en-bous-cule» pour que nous comprenions et que nous sortions enfin des seins maternels, des consommations/ersatz de tout genre et que nous fassions les choix en accord avec la vie et non des choix de survies timorées.
Ne rien comprendre est-ce une constante? Certains même, mode ! , en font une sagesse fainéante du « je sais que je ne sais rien ». Je crois plutôt que être obligé de chercher et comprendre par soi-même , après avoir été en-bous-culé est une règle de vie. Et maintenant « je sais ». J’en témoigne.
Dans la bible, nos parents, frères et sœurs symboliques qui nous parlent de l’existence, n’ont systématiquement, dans un premier temps du moins, rien compris à ce qui leur arrivait et pourtant à chaque fois la Vie/Dieu lui-même leur avait dit et parlé :
  • Adam et Eve n’ont pas compris l’intérêt et la nécessité vitale qu’il y avait à être chassé du paradis terrestre, pour enfin assumer leur vie : une règle ontologique est qu’il faut quitter père, mère, lieu d’origine pour aller vers le pays que soi même on définit : ils ont vécu cela comme une punition ! d’un dieu méchant qui les aurait puni. Lecture fréquente par de nombreuses personnes. Heureusement que ces gens là rejettent violemment ce dieu là, ce dieu punisseur ! 
  • En plus dieu sadique car effectivement il les met devant ce qui apparaît comme une contradiction : « de tous les arbres tu mangeras… mais des fruits de cet arbre là tu ne mangeras pas ». Quoique je fasse : je suis « piégé » « baisé ». Génie de la Vie (de Dieu) qui pour nous rendre libre nous met face à ce qui apparaît comme une contradiction alors qu’il s’agit d’un paradoxe qu’il faut dépasser pour faire son propre choix. Sinon nous ne pouvions qu’ obéir ou être en révolte, rester des enfants, mais certainement pas devenir des êtres autonomes, divins. (l’Eglise d’ailleurs nous maintient « enfants » : ne se définit-elle pas comme la « sainte mère l’église » !) Message éblouissant de la vie. Fais ton choix. Si tu ne fais pas les choix, effectivement les malheurs vont arriver. Il ne s’agit pas d’une menace, d’une punition, mais d’un constat et d’un avertissement. Convertis-toi et marche en face à face. 
  • Adam et Eve n’ont pas plus compris l’un des sens de l’interdiction de manger le fruit, pour que leur « Je » ne meure pas, pour que leur personne humaine ne meure : nous ne pouvons « consommer » l’autre, ou être consommé par l’autre, nous sommes provoqués à créer une relation d’Amour dans la différence non seulement acceptée mais dansée. Mange l’autre par ta volonté de le dominer ou de le posséder ou de le formater ou de… et tu mourras (à moins de muter et de te convertir : autre sens du mot mourir) ; là aussi il ne s’agit pas d’une menace mais d’une loi fondamentale de VIE. 
  • Caen n’a pas compris et pourtant Dieu lui a parlé en direct qu’il avait le choix de la vie en dialoguant avec son frère au lieu de le tuer et en développant ses propres talents au lieu d’être jaloux de ceux des autres… 
  • Noé qui pourtant pendant 40 jours était isolé dans cette nouvelle matrice d’eau, en compagnie de tous ses animaux aurait dû comprendre et bâtir sur ses dimensions animales pour les intégrer. Il n’a pas trouvé mieux que de maudire le fils, cette dimension de lui, qui lui indiquait qu’il était saoul et à poil ! 
  • Les gens de Babel qui voulaient supprimer toute différence et ne vivre que la fusion du nous, n’ont pas compris le cadeau que la Vie leur faisait en les séparant par des langages différents : ils commencèrent à se détester au lieu de s’enrichir et s’épater par les différences. 
  • Ensuite l’Eglise n’a rien compris la plupart du temps dans ses interprétations dogmatiques avec des péchés originels dont on ne sait d’où ils sortent ! A moins que sagesse suprême : l’Eglise nous « enferme » volontairement, consciemment, non pour que nous nous révoltions contre elle, car ce serait encore dépendre d’elle, mais que nous la quittions en vivant notre propre chemin. J’ai quitté cette et ces églises : je trace mon chemin, avec mes mots, ma parole dite au risque de ma vie. En marche. J’ai cette prétention, et j’ai même la prétention de témoigner de ce non chemin, car il n’est pas tracé d’avance. 

je choisis de louer la différence et la cultiver …à la suite de Babel 

je choisis d’accepter mes limites que la vie me pointe et les laisser creuser en moi… à la suite de Noé 

je choisis d’ apprendre à apprécier le bonheur de l’autre au-delà de toute jalousie… à la suite de Caen 

je choisis de sortir des paradis et matrices diverses pour vivre, car maintenant définitivement sorti du sein de ma mère, je ne peux en créer des factices au risque de crever, inhumain et créer un monde d’inhumains… à la suite d’Adam et Eve 

je choisis de vivre la relation où je ne dévore pas l’autre pour enfin créer un monde d’Amour… dans la différence homme/femme dansée…à la suite de Adam et Eve 

je veux entendre différemment ces messages si forts et mythiques de nos ancêtres, pour en les écoutant, prolonger leurs pas. 


Nous avons le choix : 
  • se vivre condamnés à marcher à reculons dans la vie, parce que nous nous cramponnons à des sornettes répétées, qui parce qu’elles sont répétées par une multitude prendraient apparence de vérité. La Vie nous en-bous-culera » Certes, la richesse du monde (fric, gloire, corps sculpté et bronzé) donnera l’illusion d’en-bous-culer les autres ! 
  • Ou alors choix, seule aventure réelle, se bâtir, marcher dans cet espace où il n’y a pas de chemin car de toute façon il n’y a pas de route.. là il faut avoir le courage de regarder les étoiles que la vie offre…et …. A chacun de créer. 

« Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui le connaît, tu risquerais de ne pas te perdre » , disait un Rabbi fameux du 18ème siècle.
Vive les pertes de soi pour des découvertes et des échanges en Amour.